Ce samedi 12 avril a eu lieu et pour la deuxième fois, la dictée du Rotary Club Aubenas-Vals eu lien dans notre lycée. Cette dictée s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’illettrisme. Une nouveauté cette année dont nous ne sommes pas peu fiers : trois élèves de l’atelier d’Eloquence, Maori, Flora, et Elina nous ont parlé avec force et sensibilité de leur rapport aux mots, de l’art oratoire, de l’importance de bien manier sa langue. Vous pouvez retrouver ci-contre leurs prestations en vidéos.

Pour les nostalgiques de la Dictée de Pivot, pour les plus jeunes aussi, vous trouverez le texte de la dictée ci-dessous. Chez nous, et pour la deuxième année consécutive, c’est encore Monsieur Pascal Roche, professeur de Mathématiques qui a gagné. Un comble, dirait-on ! Mais vous ? Combien de fautes auriez-vous commises ? Une chose est sûre; on fait moins de fautes en lisant le texte d’une dictée qu’en l’écrivant.


Dictée du Rotary 2025

Les Landes

Ecrire ou dicter « Jean Chalosse » avant de commencer

Dans les années 30*, on le voyait assis sur les marches de la Faculté de médecine de Bordeaux, été comme hiver. Il était habillé de vieux vêtements, presque des chiffons ; il portait des vieilles chaussures usées sur des pieds sales. Et pourtant ce n’était pas un mendiant. Après le marché, il allait récupérer des légumes et des fruits sur la place. Il ne parlait à personne.//FIN DE LA DICTÉE DES PRIMAIRES

Cet homme, on l’a su plus tard, devint dès ses treize ans moutonnier, moutonnier des Landes. A la fin du XIXe siècle, les Landes étaient une zone de marais et une forêt composée d’une grande variété d’arbres. Les moutonniers parcouraient les marais sur leurs échasses pour conduire les ovins à l’océan. //FIN DE LA DICTÉE DES COLLÉGIENS

On l’appelait Jean Chalosse.

Mais avant qu’il ait pu comprendre la situation, le train arriva et, avec lui, l’assèchement des marais. Napoléon III, sur les conseils d’ingénieurs avisés, ordonna l’ensemencement de pins maritimes dans le but effectivement d’assainir les marais, mais aussi de participer à la révolution industrielle en étendant le gemmage.

Ainsi furent assainis 20 000** ha et construits 428** km de routes.

Toutefois, n’était pas prévu de phalanstère qui eût pu offrir une vie meilleure aux moutonniers et aux métayers, ces derniers ayant dû céder leurs terres à vil prix à des industriels. Ils durent quitter la région. Qui eût pu penser que le vent s’engouffrât au travers des pins longilignes, s’agitant comme des danseuses dans un ballet de flammes ; qu’il provoquât des tempêtes dévastatrices laissant derrière elles des souches et leurs racines.

Ne jetons pas l’anathème sur ces adeptes de la modernité, nous qui aujourd’hui savons que l’assainissement ne préserve pas la biodiversité des zones humides.

Qu’aurait pensé Jean, recueilli bébé en Chalosse par celui qui lui laissa en héritage son destin de moutonnier, qui dut abandonner ses échasses et ses moutons restant sur ces marches jusqu’à sa mort ?

*Ecrire en chiffres

** Ecrire en lettres

Inspiré de « Jean Chalosse moutonnier des Landes » de Roger Boussinot – Ed. Robert Laffont Grand prix littéraire des lectrices de ELLE 1976

Pierrette DARRIEUTORT Màjle 7/12/2024              


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